Voici l'article du JIR du 7 juillet 2007:On n’en n’est pas encore là, mais la progression constatée de la mortalité des papangues dans l’île (empoisonnement, braconnage...), commence à inquiéter sérieusement les spécialistes. Alors que la population est estimée à seulement 150 à 200 couples dans l’île, hier un nouveau rapace a succombé à un tir de plombs dans l’Ouest, le troisième depuis janvier. La SEOR a porté plainte.
[7 juillet 2007]
On ne peut pas se tromper. Le papangue (ou busard de Maillard) est l’unique rapace nicheur de la Réunion. Une espèce endémique, récemment décrite, souvent retranchée dans les hauts de l’île à force d’être chassée dans les bas, après avoir fait l’objet d’une forte pression depuis le début de la colonisation, avant l’interdiction de sa chasse et de sa capture, en 1974.
Pas des “voleurs de poule”
Une espèce reconnue comme vulnérable par les organismes de conservation internationaux. Longtemps mal connu, l’oiseau a fait l’objet d’une étude à la fin des années 90, qui avait permis de chiffrer sa population à environ 150 à 200 couples, soit 300 à 400 individus. Une dernière donnée qui serait en augmentation, dans l’attente d’un nouveau comptage qui pourrait avoir lieu l’année prochaine, les spécialistes se disant toujours plus inquiets, alors que les observations du nombre de papangues braconnés, empoisonnés (par les raticides) ou blessés après une collision avec un câble sont en augmentation depuis deux ans. Un décompte macabre : huit cas en 2006, pour déjà neuf depuis le début de l’année, dont trois liés directement à des tirs aux plombs. Soit 17 oiseaux pris en charge par la SEOR (Société d’études ornithologiques de la Réunion), à Saint-André, en un an et demi, contre 26 pour l’ensemble de la période 1997/2000 (13 cas de braconnage). “Mais combien n’ont pas été comptabilisés ?”, intervient son directeur, Marc Salamolard, en estimant à environ trois ou quatre “le nombre de décès réels, ceux que l’on ne voit pas, pour un décès constaté”. Un ratio qui porterait alors de 30 à 40 le nombre de morts depuis le début de l’année. “À ce rythme, on fera disparaître l’espèce, avec une diminution du nombre d’adultes et donc des naissances, alors que le succès reproducteur est déjà très faible avec un jeune en moyenne par an et par couple”, poursuit le spécialiste. Il fustige l’idée tenace selon laquelle le rapace serait un “voleur de poule”,”ce qui est faux, les papangues ne pouvant emporter au maximum qu’un poids de 200 grammes”, rappelle-t-il. En fait, ce sont les rongeurs qui composent l’essentiel de l’alimentation de l’oiseau, rendant au passage un service à la collectivité. Une réalité qu’une minorité semble avoir du mal à comprendre : hier, c’est un mâle qui a succombé dans les locaux de la Séor. Il avait quatre plombs nichés dans les ailes, deux dans la tête. Pour la deuxième fois consécutive, l’association a porté plainte contre X, en espérant arrêter là la série. “Une population de 200 couples, c’est très faible. Il faut que certains arrêtent de s’accaparer le patrimoine de tous”, dénonce le directeur. Reste à être entendu.
P.M.
Commentaires Récents